Le projet

Pourquoi ce projet ?

Depuis maintenant presque trois ans, la Cafétéria ouvre la possibilité de développer de nou-velles solidarités et de nombreux liens. Nous y partageons des idées, des repas et des chansons, suscitant la soif de vivre dans les brèches et les interstices de la ville marchande, l’envie de nouvelles utopies et de lieux autres.

Tout s’y passe à partir d’un bouillon complexe des contraires goûtant la poésie et le piment, l’humour et la justice, le plaisir combatif et la cantine trois étoiles.

Pour la suite, nous portons toujours l’ambition d’un lieu libre d’accès où l’on puisse s’informer et se former au contact des autres, se donner les moyens d’imaginer et de créer des réponses collectives aux problèmes et aux insatisfactions auxquels nous devons trop souvent faire face seul.e. Tous les courants d’air seront accueillis à bras ouverts : vents cérébraux de la quête de sens, courants chauds de la révolution, souffles inclusifs et féministes, tornades sauvages d’expérimentations, bourrasques de voix discordantes mais amicales.

Toujours convaincu-es que si ces masses d’air se mélangent, partageant un peu de leur descendance et de leur ascendance, cela donnera un truc de ouf !

POURQUOI LE NOM «KALI» ?

Kali est une déesse hindoue. C’est la force qui détruit les mauvais esprits qui la défient mais aussi celle qui protège celles et ceux qui l’invoquent. Kali incarne donc la préservation et la destruction et, d’un état à l’autre, elle maîtrise l’art de la transformation. Kali est souvent représentée nue, en furie, le regard féroce et la langue tirée, portant un long collier, descendant parfois à ses genoux, composé de crânes humains, dansant sur le corps de Shiva. L’histoire rapporte que Kali, combattant de nombreux démons dont l’un avait pris l’apparence de Shiva, fut saisie d’une folie destructrice. Elle les terrassa tous. La victoire acquise, à la demande des autres dieux, Shiva vint pour apaiser son ivresse de victoire; le prenant pour un autre démon, elle le terrassa à son tour. S’apercevant de sa méprise, elle fut si emplie de honte qu’elle en tira la langue.

La figure de Kali parle à notre collectif. Nous adorons cette déesse qui incarne différents états, qui peut se métamorphoser, qui ne sait pas se tenir et qui est capable d’éprouver de la honte (mais pas de la culpabilité), peut aussi nous inspirer. Nous avons honte du monde occidental qui perpétue les ravages écologiques et détruit aussi bien la diversité humaine que des environnements depuis quatre siècles, mettant en péril nos santés mentales. Kali nous permet d’en finir avec le temps linéaire du progrès et de renouer avec des états cycliques et des transformations et d’entrer dans des rages folles face à ce qui le détruit. Elle nous confère la puissance d’être attentifves et de soigner les mondes qui nous importent et que nous fabriquons, face à l’entreprise de destruction menée par le capitalisme.

Des camarades nous ont confronté à la question de la réappropriation culturelle. Nous sou-haitons nous positionner collectivement sur cette question et avons entamé une réflexion à ce sujet, qui s’étendra sur la période de janvier à juin 2020 et prendra la forme d’un cycle de rencontres. Ainsi nous pourrons cheminer sur cette question.